Dossier Boulangeries
Issu d’une lignée familiale de pâtissiers, Pascal Ferragut a développé ses compétences dans ce domaine, et lui a ajouté plus tard celle de boulanger en rachetant le fonds de la rue de Thann en 1998. Un parcours original pour ce perfectionniste de la simplicité.
» Mon ambition principale ? Celle de servir au jour le jour le meilleur pain possible aux clients du quartier, dont la fidĂ©litĂ© est ma rĂ©compense. Ici le panier moyen est de 2 Ă 4 euros, et je tiens Ă maintenir une qualitĂ© totalement artisanale avec des produits de choix, quel que soit le client. Et ce, en boulangerie tout comme en pâtisserie« , explique avec fermetĂ© Pascal Ferragut, qui fabrique toutes les pâtisseries, viennoiseries et pains spĂ©ciaux lui-mĂŞme, un ouvrier et un apprenti produisant le pain blanc et une partie de la brioche. 30% des ventes sont rĂ©alisĂ©es avec le salĂ©, les sandwiches Ă©tant plĂ©biscitĂ©s par la clientèle professionnelle.
Pâtissier, puis boulanger
Pascal Ferragut a fait ses premières armes Ă la pâtisserie familiale Carlos, place Franklin. Ce pâtissier-confiseur-glacier a son brevet de compagnon, il fut meilleur apprenti d’Alsace-Lorraine, puis 3ème de France et obtint son brevet de maĂ®trise. Après sa formation dans l’entreprise familiale, il est parti en Suisse Ă la pâtisserie Graf de Rheinfelden, oĂą il s’est perfectionnĂ© durant 10 ans. En 1998, il a volĂ© de ses propres ailes en rachetant la boulangerie actuelle, oĂą il a rĂ©alisĂ© au fil des annĂ©es un investissement considĂ©rable, notamment pour acquĂ©rir des chambres de fermentation, ainsi qu’un four visible du magasin qui cuit le pain en continu. » Depuis que je suis ici, je ne suis pas parti en vacances, cette boulangerie, c’est ma vie. Je vis au-dessus du magasin avec ma famille, et tous les jours j’apprends des choses nouvelles, notamment en boulangerie oĂą au dĂ©part j’étais autodidacte. Je me suis intĂ©ressĂ© très vite Ă la recherche des meilleures compositions de farines et j’ai beaucoup travaillĂ© sur la fermentation pour obtenir de bons arĂ´mes« .Transposant au pain son expĂ©rience en pâtisserie : sĂ©lection de produits naturels, recherche du meilleur goĂ»t, Pascal Ferragut se fournit au Moulin Jenny et aux Grands Moulins de Strasbourg. Pascal Ferragut imprime sa patte Ă toute sa production qu’il fabrique lui-mĂŞme Ă 70%. Ce qui l’anime : produire un produit personnel et de qualitĂ© Ă des clients de proximitĂ©, mères de famille, collĂ©giens, ouvriers… ou entreprises. « Je suis fier de pouvoir dire que 98% de ce qui est vendu dans la boulangerie est issu de productions maison« , conclut Pascal Ferragut, jeune papa dont l’une des rĂ©solutions pour 2010 est de prendre… quelques jours de vacances.
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Boulangerie Pascal Ferragut
46 Rue de Thann – 68200 Mulhouse – TĂ©l. 03 89 42 20 29
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II. Boulangerie Wilson, nouvelle venue à l’ouest

Anna Riclin
Nouvelle au Parc des Collines, mais pas en Alsace, la boulangerie conçue par Patrick Riclin est la vitrine du nouveau siège des boulangeries Wilson, avec notamment une unité de fabrication des croissants au beurre, la spécialité de la maison.
Le bâtiment de près de 1.000 m2 abrite notamment une unitĂ© de fabrication de croissants très bien Ă©clairĂ©e avec une belle hauteur de plafond, que l’on peut contempler depuis les bureaux du 1er Ă©tage. « Environ 10.000 croissants sont fabriquĂ©s ici tous les jours, pour alimenter les 7 magasins, pour les croissants tout est fabriquĂ© ici et 100% au beurre. SurgelĂ©s pour les stabiliser après façonnage, il sont ensuite cuits dans chaque magasin pour une fraĂ®cheur optimale pour le client« , explique Patrick Riclin.
Exigence de qualité et de fraîcheur
Les boulangeries Wilson sont toutes conçues sur le mĂŞme modèle, avec un four traditionnel et une chambre de repos pour la pâte. »Â Nos farines proviennent des Grands Moulins de Strasbourg. Nous commandons une farine spĂ©cifique pour les boulangeries Wilson sans adjuvant, sans amĂ©liorant ni acide ascorbique, et quiproviennent de l’Est de la France et d’Alsace. Pour les pains spĂ©ciaux, nous achetons plusieurs variĂ©tĂ©s de graines, Ă©galement aux Grands Moulins, les trempons et prĂ©parons les mĂ©langes nous-mĂŞmes. Elles entrent dans une composition qui nous est propre et dont nous avons Ă©prouvĂ© la recette depuis longtemps.« Les pâtes fermentent pendant une durĂ©e de 24 Ă 48 heures en chambre froide, avant façonnage. « C’est plus difficile pour les boulangers de travailler une pâte levĂ©e après fermentation. Mais les arĂ´mes sont mieux dĂ©veloppĂ©s que si on façonne le pain avant le repos en chambre », explique Patrick Riclin. 6 variĂ©tĂ©s de pâte sont ainsi fabriquĂ©es quotidiennement. Les baguettes sont cuites sur place, en continu toute la journĂ©e. Tous les 8 Ă 15 jours, une nouvelle variĂ©tĂ© est proposĂ©e.
Patrick Riclin ne renie pas son « modèle » que sont les boulangeries Paul : » Avant les autres, ces boulangeries ont proposĂ© du pain traditionnel qui l’est restĂ©, malgrĂ© la quantitĂ© produite. Car la quantitĂ© ne nuit pas Ă la qualitĂ©, c’est le process qui compte, la qualitĂ© des farines, le respect dumĂ©tier traditionnel Ă chaque Ă©tape. C’est vers ce modèle que nous tendons, et j’espère bien continuer dans cette voie ».
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III. Dans la famille poulaillon, la fille
Magali Poulaillon a relancé voici une quinzaine d’années la boulangerie familiale qui avait son adresse unique rue de Belfort, alors que son père vivait la grande aventure de la moricette qu’il a créée. Aujourd’hui, elle est à la tête de 20 magasins (dont 8 boulangeries) totalisant un effectif de 200 personnes. Une gestion au cordeau avec en toile de fond une vraie passion pour le pain.
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Pascal Kern
En ce dimanche avant NoĂ«l, Magali Poulaillon vend des mannalas rue Mercière, on la prendrait presque pour une jeune vendeuse, et pourtant c’est elle la patronne : « Je trouve normal d’encourager les salariĂ©s qui travaillent le dimanche avant les fĂŞtes, et j’aime bien ĂŞtre proche de mes Ă©quipes« , dit-elle. Magali Poulaillon passe la moitiĂ© de son temps au Moulin rue de Belfort, oĂą travaillent 30 personnes (environ 10 vendeuses, 10 boulangers et 10 pâtissiers), et l’autre moitiĂ© dans les autres magasins. » Je dois m’assurer de la constance du service Ă la clientèle, et de la qualitĂ© du pain, dont je me rends compte d’un simple coup d’œil« , explique-t-elle. « L’idĂ©e est aussi de mettre en place une culture d’entreprise commune. Ainsi nous avons mis au point avec une responsable de la vente en magasin un livret d’accueil pour les nouveaux arrivants« . En plus, une personne de l’entreprise contrĂ´le en permanence l’hygiène et la sĂ©curitĂ© alimentaire : tempĂ©rature, dates limite de consommation, affichage, rĂ©glementation…
1500 baguettes par jour
La recherche de qualitĂ© s’applique bien sĂ»r aussi au pain, fabriquĂ© Ă l’ancienne, avec du levain naturel, un pĂ©trissage dans une machine qui ne brutalise pas la pâte, un façonnage Ă la main, une nuit en chambre froide et une cuisson dans un four traditionnel. La farine provient des moulins Peterschmitt Ă Niederhergheim et Becker Ă Strasbourg. « Je pense que nous irons encore plus Ă l’avenir vers le bio, dont le volume de vente est encore modeste. Mais les contraintes techniques sont lourdes et la certification coĂ»te cher. Notre pain provient d’un fournil bio qui n’est pas Ă Mulhouse« , explique Magali qui souligne les nombreuses innovations maison, comme le pain au Beaujolais ou « Le Druide » Ă base de levain de sarrasin. Pour prĂ©server l’intĂ©gritĂ© des recettes et la constance du goĂ»t sur les 8 boulangeries, tous les pains sont goĂ»tĂ©s deux fois par mois. « MĂŞme si nous cuisons 1500 baguettes par jour, toutes doivent avoir la meilleure saveur« , conclut M. Poulaillon. En ce dĂ©but 2010, Poulaillon vient de reprendre la boulangerie de la galerie de Carrefour-Ile NapolĂ©on et lance la vente de pain via son site internet.
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Au Moulin Poulaillon
176 rue de Belfort – 68200 Mulhouse – TĂ©l. : 03 89 42 24 04 – www.poulaillon.fr
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IV. Boulangerie Riztenthaler, le pain cuit au four Ă bois

Alexandre, Jean-luc et René Ritzenthaler, boulangers de père en fils depuis 4 générations
Fin des années 1980, Jean-Luc Ritzenthaler a délaissé son activité de boulangerie à grande échelle pour se recentrer sur le pain traditionnel avec une grande boulangerie au cœur des Coteaux.
Fin des annĂ©es 80, Jean-Luc Ritzenthaler a vendu ses boulangeries, arrĂŞtĂ© progressivement d’alimenter les supermarchĂ©s, et a voulu revenir Ă la tradition du pain cultivĂ©e par son grand-père, boulanger Ă Dornach. « Je me disais que de toute façon les usines finiraient par l’emporter sur le semi-industriel, je voulais Ă nouveau travailler avec une Ă©quipe restreinte et retrouver le goĂ»t authentique du pain« .
Un grand four Ă bois
Il a mĂŞme poussĂ© la logique très loin, en faisant construire un grand four Ă bois Ă sole en pierre, une raretĂ© dans le mĂ©tier et qui nĂ©cessite une alimentation en bois toutes les 20 minutes et surtout un dĂ©marrage du feu quelque 3 Ă 5 heures avant la cuisson. Autre contrainte, il faut du bois de rĂ©sineux bien sec. « Je ne regrette pas cette dĂ©cision, je pense que le pain prend des arĂ´mes supplĂ©mentaires grâce Ă ce type de cuisson par le dessous. Le foyer doit communiquer avec la chambre de cuisson. Ce procĂ©dĂ© est si rare que des organismes professionnels me demandent rĂ©gulièrement d’intervenir au niveau national pour en expliquer le procĂ©dĂ©. »
Jean-Luc Ritzenthaler est l’un des premiers Ă avoir ouvert l’espace cuisson pour que le client qui vient chercher sa baguette voie comment on travaille le pain. Rien Ă cacher : on voit le pĂ©trissage Ă la main des pains et des croissants. La traçabilitĂ©, Jean-Luc Ritzenthaler la revendique aussi pour la provenance de la farine, des moulins Peterschmitt Ă Niederhergheim. Il utilise une farine bise lĂ©gèrement enrichie par du germe de blĂ© « car elle possède de bonnes qualitĂ©s nutritives. »
Fermentation lente
Le boulanger prĂ©pare son levain le premier jour, pĂ©trit en cuve le jour suivant, façonne Ă la main puis laisse reposer jusqu’au 3ème jour Ă environ 15 degrĂ©s, puis il cuit. Ceci pour la baguette courante, car certains pains sont cuits le 4ème jour comme la baguette 1900 ou le pain torsadĂ©, qui dĂ©gagent encore des arĂ´mes supplĂ©mentaires grâce Ă ce processus. « Rechercher le meilleur, goĂ»t, c’estvraiment une passion, et transmettre cette exigence aux apprentis, c’est important« . Chaque annĂ©e depuis 1980, la boulangerie Ritzenthaler accueille des apprentis qui prĂ©parent le CAP de boulanger, et leur transmet la culture familiale du pain.
Boulangerie Ritzenthaler :
Jean-Luc et Dominique Ritzenthaler
5 rue Dr Alphonse Kienzler – TĂ©l. 03 89 32 02 15
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Posté le :
10 janvier 2010· CatĂ©gorie :
Le Sujet du Mois Tags : artisanat, boulangerie, Boulangerie Ritzenthaler, Boulangerie Wilson, Ferragut, Poulaillon, Quartier
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